top of page

Poème rédigé en février, mars 2004
Quand j’étais dans la douleur

Pour Toi


Je suis comme cet homme atteint par la gangrène,
Qui pense à l’ablation malgré toute sa peine.
Il faut bien qu’on ampute,
Ce mal est une insulte,
Qu’il le veuille ou non,
Il ne sera qu’un tronc.

Il ne peut vivre sans, il ne peut vivre avec.
Il manque de courage devant ce mal infect.
Ses jambes étaient sa vie,
Elles ont souillé son lit.

J’étais folle de toi,
Tu t’es foutu de moi.
Comm’ce danseur floué,
Je ne peux plus voler,
Je ne peux plus sauter, je ne peux plus courir.
Je ne peux plus marcher, pourrais-je encore vivre ?

Mais comment te garder,
Tu es contaminé ?
Te perdre c’est souffrir ici bas pour toujours,
Te garder c’est mourir un peu plus chaque jour.

Mais comment te garder, il faudrait un miracle,
Tu ne crois pas en Dieu pas plus qu’à ces oracles.
Pourquoi ne pas y croire ? Et si Dieu existait ?
Ce n’est qu’un mauvais rêve, il va me réveiller.
Il m’enverra un ang’à qui je puiss’parler ,
Raconter mes chagrins, me faire consoler.

J’ai la chance de chanter ‘’le plus beau c’est mon père’’
J’aurais aimé pareil pour Sophie et son frère.
Que chant’ront-ils de toi après tout ce gâchis ?
Tu as brisé leurs rêves comme tu as pris ma vie.

Je ne veux pas mourir mais je ne peux plus vivre.
Tu t’es foutu de nous en suivant ton plaisir.
Tu es parti vers elle dont tu ne connais rien
Même si tu les aim’, tu as détruit les tiens.

Tu aimais le pain blanc,
Pendant plus de 20 ans
Nous en avons mangé,
J’aimais le pain de seigle, tu ne l’as pas goûté
J’aimais le pain de seigle, je voulais partager.

Moi, je t’aimais si fort que partager ton pain
C’était déjà si bon… j’en oubliais le mien.

Je t’aimais comme une folle,
Mon bonheur c’était l’tien.
Je t’aimais comme une folle,
Ton bonheur, c’était l’mien.

Pain blanc, pain noir, pain gris après tout, peu importe,
A tes côtés chéris, moi, je me sentais forte.
Je vivais par procuration, je n’existais que par ton nom.
Les psy tentent de l’expliquer, peut-être bien qu’ils ont raison ?

Tu n’as rien à me reprocher, c’est ce que tu me dis.
J’étais la meilleure mère, la meilleure femme aussi.
Tu m’aimes mais tu es parti
Allez donc comprendre la vie.

C’est plus fort que toi, c’est plus fort que tout,
Tu ne résistes pas, c’est plus fort que nous.
Aussi je reste là, je tente de survivre
Je ne veux pas mourir mais je ne peux plus vivre.

Je ne suis qu’un zombie, j’attends que le temps passe.
Je suis là en stand by, avec tout’mes angoisses

J’aimais faire l’amour, ton sexe me dégoûte
Il a trempé partout il a souillé l’amour,
Salissant nos câlins,
Engendrant mon chagrin

Je ne veux plus te voir toi qui étais mon sang,
toi qui étais mon air, tu n’es plus qu’un absent.

T’as fait comm’un lifting, toi que je trouvais beau
Tu ne veux pas vieillir, tu rêves beaucoup trop.
J'étais encore belle, je souriais souvent,
En partant avec elle. tu me donnes 10 ans
Tu’as tué mes envies,
tu’as tué mes folies.

Pas besoin d’un amant, mon amant c’était toi.
J’étais belle pour toi, j’étais jeune pour toi
Tu es parti vers elle et je me sens flétrir
Tu es parti par elle, j’ai envie de mourir,
Comme une fleur en pot
Qui ne reçoit plus d’eau.
Je n’ai plus de repère, je n’ai plus d’énergie.

Je reste une mère avec mes deux petits,
Mais c’est eux qui me port’(ent), qui me maintiennent en vie.
Tes rides te font mal, les miennes apparaissent.
Elle te ramène au bal, ma chair devient de glaise.

Mêm'en voyant tes rides je te trouvais si beau,
J’en oubliais les miennes.

Tu as crevé mon cœur,
Tu m’as changée en pleurs
Tu as brisé mes rires
Et mes nuits me font peur.
Tu es parti pour elle qui a 9 ans de moins,
Moi je suis pourtant belle, mais tu ne vois plus rien.
Tu vas me rendre vieille en voulant rajeunir,
Tu vas me rendre laide, me faire dépérir.

Et qui est ce dieu qui me fait tant vibrer ?
Il te remplace un peu, il t’éloigne de moi.
Etait-il si jaloux de mon amour pour toi
Pour avoir pris ta place ou du moins essayer ?

Va-t-il y parvenir ? va-t-il nous séparer ?

Nous étions très unis, nous étions si complices
Pourquoi m’as-tu trahie, pourquoi donc l’ai-je su ?


Il m’a prise sous son aile, il dit me consoler
Et comme il y parvient je ne peux que le croire.
Mais s’il est aussi fort il pouvait m’épargner.
Ses voies sont compliquées même si elles sont nobles
Et il est difficile d’en comprendre le sens.

Je ne vais pas prier le dimanche à l’église
Je ne suis pas les traces de tous ces paroissiens
Qui emplissent les bancs et qui boivent aux calices.

© Françoise Delpon – Tous droits réservés

bottom of page